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vendredi, 26 septembre 2008
Pluie
Lame de poète, tragique, autobiographique, déchirante et délirante, je cisaille et je découpe ce tissu de vérité, avec l'âme de ce couteau qui grave des mots et remplace mon stylo. C'est la foire à l'exutoire, écriture chirurgicale, bancale, pas banale mais je n'ai plus mal. Comme un virtuose de la plastique, j'incise et je précise qu'elle reste assise à me regarder, à m'écouter danser avec les mots, à composer un visage inesthétique, à massacrer ce que j'ai de plus beau. Pas de limite pour m'envisager, plus de limite pour me dévisager, reflet anamorphique de ma finesse tragique, je reste derrière ce miroir dégoulinant de vérité, je reste dans mon placard de mensonge improvisé. Ou suis-je, qui suis-je ?
Sous un ciel monochromatique d'un gris magique, je suis là tout simplement, derrière ma fenêtre de sentiment, la pluie dégouline, je me lèche les babines, je devine que c'est toi encore ce moi que l'on ne voit pas. Imprévisible vision d'un autre moi aussi bon, j'ai le souvenir inexpliqué d'un goût d'inachevé, d'avoir été celui là, celui que l'on n'oubliera pas.
Mais au fait, j'avais juste une idée, l'envie de me raser, de me faire beau pour toi, je me suis égaré et je me suis coupé...
08:49 Publié dans Des-espoirs | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
samedi, 20 septembre 2008
mail en colis
Comme un t'chat, grain de folie, saute en l'air et rebondit. Sentiment par décevance, par avance ressent cette résonance. Féline et agressive, évasive, abusive, elle joue à nous faire rire de peur que notre avenir se mette à noircir.
Sans meurtre au paradis, sans naissance en enfer, on vie en survie virtuelle et nécessaire, par amour sans dépit, imaginaire et si belle.
Peur de moi, peur pour les autres qui sont comme ça, cachés, planqués, qui mail et se mêlent à cette galerie pathétique et tragique. C'est qui ce facteur d'anonymat qui sonne à la porte de l'écran, qui dépose des mots, des pubs qui pullulent, des poubelles d'écriture qui puent le racolage, qui saccage nos boites de vieux emballages de cul , de jeux et de cadeaux, des colis sans surprises qu'on déchire tellement le bruit est beau, cette corbeille sur nos bureaux. Perte de temps tout simplement, je me souviens encore du plaisir que je prenais à consulter cette boite qui sentait la nouvelle, le petit coucou si naturel. Technologie débordante de profit en gagne petit, si tu cliques ici, 1 centimes et c'est fini.
Je désespère mais je suis fier de retrouver mon vieux stylo, faire surfer ma plume sur une feuille blanche, sur du papier que je peux déchirer, froisser, griffonner et mâcher... comme avant, faire une boulette, la cracher sur ta tête, c'est fini tout ça, elle est collée sur mon écran, je gratte à l'ongle ce lcd qui regorge de lettres effacées.
00:08 Publié dans Des-espoirs | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note


