lundi, 05 mars 2012
2F
Des bulles de champagnes qui giclent à chaque douleur de hargne, un regard de colère, une pétillance amère, un presque rien qui vie comme ça, reclus dans un super flux d'idées mal ordonnées et pourtant il est si heureux. Ses entrailles ce sont toi et ta mère, défile un film de bataille qui part en campagne et s'en va t en guerre. Mimétique atavique d'un reflet presque ordinaire, il vie sa vie à travers elles, sa fille et sa mère. Petites femmes fortes et fidèles, il vous aime entière et sincères. Au coeur bipolaire transgressif et pervers il préfère plus que tout l'amour de sa fille et de la mère
samedi, 18 février 2012
Ecole chap.3
Petite ville de province, bourgeoise, calme, reposante et pourtant…Mon enfance dans ce dortoir, ville déserte, vieux châteaux et manoirs, souffrance sans espoir, je me suis construit sans le vouloir.
Il arrive devant cette demeure, portail sécurisé, gros chien qui fait peur. Mais à cet instant la peur est en lui, affronter ces crétins, ces étroits d’esprits. Ce sont ses parents et son devoir est de leur expliquer, de leur dire la vérité au risque de, encore, les décevoir.
Comment vont-ils réagir, il ne sait pas mais il faudra bien pourtant parler de tout ça…
Expliquer que leur enfant est dans le coma, qu’il a subit une intervention et que c’était son choix, qu’il ne pouvait plus vivre comme un autre, qu’il a voulut devenir celle là, la femme qu’il a toujours espéré être, construite dans la souffrance, modelé avec ignorance, mais belle, sensuelle, réelle !
Il sonne à l’interphone, une petite voix répond sans attendre, c’est la maman qui est là, le gros con ne se montre pas. Son image en noir et blanc sur l’écran de contrôle, sa main qui tremble en poussant le portillon, le gardien retient le molosse, il avance lentement vers le jardin, la mère est sur le perron.
- Bonjour Madame
- Bonjour Hugo, que nous vaut l’honneur de votre visite ?
- Je viens vous annoncer une triste nouvelle mais avant toute chose je dois vous expliquer pourquoi cela est arrivé.
- Bien ? , suivez moi nous allons nous installer dans le petit salon.
La pièce est sombre, odeur d’humidité flottant dans la moisissure des tapisseries. Les rideaux n’ont pas du voir le jour depuis des années tellement les volets sont prisonniers d’un lierre si abondant qu’il recouvre la quasi-totalité de la pierre de taille de cette bâtisse. Cet endroit appartient à la famille depuis plus de 3 siècles, à sa famille à elle, la comtesse anonyme, la particule du désespoir, elle qui ne vie que dans le souvenir de ses ancêtres ruinés à la fin 19ème. Lui, le pseudo père est là je le sais, je le sens, je l’entends, il est gros, moche, il pue la lavande et la sueur, ses cheveux blonds dégoulinent comme du beurre demi sel rance et jaunâtre. Du matin au soir dans sa « cave », placard à ordure, musé pathétique aux photos de guerres, aux défilés fanatiques, aux médailles épinglés achetés dans des brocantes du dimanche. Lui, l’homme de loi, le re-faiseur du monde nouveau, le nouvel ordre français, le planqué à la science infuse débordante, l’hypocrite de l’isoloir. Lui qui défile en costume trois pièces à la messe et qui pense que le malheur vient des autres, ces gens là, comme il dit.
La pièce s’éclaire lentement, apparaissent alors les portraits déchus, les photos de famille, toute la famille, parents, enfants, cousins, frères, sœurs, toute la tribu sauf une personne, lui, elle, l’enfant maudit, la honte incarnée, l’aberration bourgeoise.
Elle s’avance lentement vers la table basse, y dépose un service en porcelaine, théière fumant, odeur bien venue, petits biscuits maison.
- Alors que ce passe-t-il jeune homme ?
- Je sais que vous ne l’avez pas revue depuis des mois. Il a pris sa décision, seule, en son âme et conscience.
- Conscience ? quelle conscience, cet enfant n’en a jamais eu
- Mais le connaissez-vous vraiment ? Savez-vous quel être sensible, généreux, intelligent il est. Et c’est votre enfant, vous l’avez renié, délaissé, abandonné pire qu’un chien galeux.
- Je ne vous permets pas de me juger, il a reçu une éducation et une instruction digne de leurs noms !
- Je vois que le dialogue va être impossible, je vais vous laisser, au revoir Madame, mes salutations à votre mari
- Non attendez ! dites moi ce qui lui est arrivé.
- Au risque de vous décevoir, j’écourte sans même résumer, sachez juste qu’il est dans le coma, à Paris dans une clinique spécialisée.
- Que fait il là bas ?
- Il a subit une lourde opération.
- Peut-on aller le voir ?
- Par pitié ?
- Non et de quoi s’est il fait opéré
- Si vous venez le voir vous comprendrez !
- Bien… je ne vous retiens pas la route est longue et la nuit tombe
- J’oubliai, si par le plus grand des hasards vous faisiez le déplacement, demandez Stéphanie Blanche, c’est son nom
- Pardon ? je ne saisie pas
- Je pense que vous avez tout à fait compris, au revoir madame.
La route est sombre, il pleut, le vent souffle et soulève les feuilles d’automne. Le regard vide, il pense à cette mère si bête, si ingrate, pas méchante, juste formatée à l’image de son mari, le penseur aux idées stupides. Comment une telle femme pouvait se conforter dans des raisonnements aussi illogiques que cruels. Elle l’avait connu durant sa grossesse, jeune veuve perdue, héritière convoitée, lui le roturier des bas quartiers, l’ambition bien trempée, n’en avait fait qu’une bouchée de cette jeune fille désespérée.
Il était en charge de la succession de son défunt mari, mort accidentellement au cours d’une partie de chasse. Elle portait son enfant depuis 4 mois quand le destin la laissa seule. Il avait été si prévenant, si présent, si habille aussi, qu’en état de désespoir il ne lui avait pas fallut beaucoup de temps pour succomber à ce beau parleur, à cet orateur sophiste, ce marchant de paroles pour vautours affamés. Il avait accepté l’enfant sans même se poser la question, il avait accepté l’argent sans même lui poser la question, à elle, la femme paumée, celle qui n’avait jamais signé un chèque ou fait un compte de sa vie. Après la naissance, l‘adoption fut si rapide que personne ne se souvint qu’il n’était pas le père de ce petit bébé si beau et si gentil.
Il l’épousa dans la foulé, pour mieux gérer cette fortune, il essaya de l’enfanter mais était stérile, ce bébé fut leur seul enfant, malheureusement…
Il avait toujours cultivé cette jalousie des autres, les hommes puissants, les hommes qui font des fils grands et forts, certaines rumeurs laissaient même à penser qu’au-delà du fait d’être non fertile, il était impuissant, faible, le minus au petit zizi comme l’appelaient ces vieux camarades de régiment. Et cette femme si jolie, comment l’avait il séduite si ce n’est qu’il s’exprimait très bien. Qu’avait il pu lui offrir, comment avait il pu la chérir ? Et cet enfant, ce petit garçon, martyrisé, dressé, élevé à la dure, un bébé soldat, savant mélange de fondamentaliste et de jeunesse hitlérienne. Un scout de luxe, un champion du monde des nazillons. Un adolescent construit pour haïr, pour fuir aussi face à cette peur des autres. Le kung fu avait pourtant été une merveilleuse échappatoire face à toutes ces idées fascistes. Au fond de lui, il avait acquit une certaine sagesse, une arme secrète qu’il ne dévoilera que très rarement. Et la mère dans tout ça, quel rôle avait elle joué, aucun si ce n’est le fait d’être la seule image de douceur et de tendresse pour ce fils unique, ce fils perdu, ce fils offert à la barbarie psychique de son mari.
Le pauvre enfant se réfugia derrière cette image androgyne, il était beau, d’une beauté rare chez un homme, grand et mince, un visage angélique, des yeux magiques, des traits d’une finesse insoupçonnable. Et lui le gros, il refusait cela, il refusait que son « fils » ressemble à une fillette, l’intelligence se forge dans le muscle. Mais pauvre abruti, tu es quoi toi ? Un moins que rien, une raclure de chiotte, et ce gosse tu en as fait quoi, il est devenu quoi, tu te le demandes parfois ?
La route est longue, il monte le son de l’autoradio pour ne pas s’endormir, il se réjouit à l’idée d’avoir des parents comme les siens, simples, honnêtes, travailleurs, heureux.
Il craignait le fait qu’ils puissent se décider à venir la voir à la clinique. Réaction de stupeur, surprise de taille que d’avoir un « nouvel » enfant, celui que l’on ne choisi pas, celui qui a changé pour ne plus vous regarder, qui s’affirmera parce qu’il est prêt pour ça.
Les médecins ne se prononçaient pas sur la durée du coma et son état éventuel après le réveil. Séquelles partielles, traumatisme post opératoire, un vague sentiment d’inconnu planait sur l’état psychologique, mental et physique après un coma aussi profond. Et puis il faudrait apprendre ce corps, s’accepter, se découvrir…
Il prit enfin l’autoroute en direction de Paris, la Normandie était déjà loin derrière, il avait attendu très longtemps avant d’aller les voir, il ne pensait qu’à une chose, une douche et dormir. Demain serait encore une longue journée d’attente, Stéphanie dormait depuis 3 mois et aucun signe de réveil ne se laissait entrevoir.
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vendredi, 23 décembre 2011
Ecole, chap2 redif
15 ans plus tard, loin de tout ça, sans mémoire, je ne me souviens pas. Sélective et admirative, je pardonne leurs erreurs, je me révèle à la vie et c’est toi qui a peur.
Tu attends avec impatience mon réveil et ton ignorance. Impuissante et latente le jour se lève, la nuit s’achève et tu ne dors toujours pas. Silence de ton téléphone, silence dans ta tête, hâte de me découvrir, peur de me voir sourire. « Seras tu une autre personne, seras tu encore celle qui en moi résonne », je ne sais pas, tu n’y penses pas, « Je voudrais juste que tu sois Toi » tu me l’as souvent dit et même moi ne le sais pas.
Mon histoire tu la connais, chaque récit te fait deviner pourquoi je suis comme ça, si douce et terrible à la fois.
Mon passé déchire tes entrailles, quand je parle tu en as mal au ventre pour moi. Aujourd’hui tu es seul, sans nouvelles et sans haleine, ta gorge est sèche, tes yeux sont froids, l’espoir incertain quand je défie le destin.
Inquiétude légitime, tout se passera bien, mais toi tu es là, à attendre je ne sais quoi.
Des mois à me supporter, à me regarder me transformer, à soutenir mes angoisses, à pleurer quand les autres jacassent, affronter les regards, ne pas vivre par hasard, tu te demandes encore pourquoi on ne nous accepte pas.
Vivre à trois, vivre pour toi qui m’encourage et subit ce combat. Se battre contre les autres, me battre pour être moi, pour exister et ne plus me cacher, souviens toi encore du jour ou mon prénom n’étais plus celui là.
Premier pas vers la reconnaissance, victoire sur mon enfance, j’ai un an maintenant et demain tout recommence.
Il est 10h 15, tout le monde est épuisé, tout c’est bien passé mais je ne me réveille toujours pas…
L’anesthésiste surveille, le chirurgien sommeille, mais il est là. Cet artiste de la médecine, ce virtuose du bistouri, ce poète de la plastique, celui qui composa pendant des heures pour que moi je sois comme ça.
Au chevet de son œuvre, inquiet et satisfait, il me regarde dormir, mais mon esprit est perturbé.
Les monitorings s’affolent, les espoirs s’envolent, mon éveil est repoussé, suis-je puni d’avoir essayé ?
Il est tard, très tard, l’opération est terminée depuis des heures, mes yeux sont clos, mon cerveau en stand by, ton téléphone a sonné et moi, je suis dans le coma.
Tu entres dans ce service, décomposé et pétrifié, derrière ce miroir sans teins et sans joie tu découvres un Moi incertain, tu t’effondres de ne pas me voir.
Je suis une momie dans un sarcophage clinical, des kilomètres de bandelettes me recouvrent, je suis l’autre, celle que personne ne découvre. Je suis loin de savoir que je passerai des jours à attendre de te revoir.
Le plus dur sera de m’attendre, de savoir si je reviendrai d’un outre tombe mal organisé, d’un voyage au cœur de l’ombre.
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dimanche, 02 octobre 2011
Ecole chap1 rediff
Le calme planait entre ces murs centenaires, un silence régnait du haut de ce vieux plafond, l’agitation latente étouffait, les minutes défilaient comme des heures inespérées, les regards se perdaient dans ces fenêtres translucides, miroirs anamorphiques usés par le temps ou chacun cherche son image difforme et si amusante.
Le dernier rang suffoque, les mains moites collent au formica des vieux bureaux patinés aux graphes de milliers de petits mots et messages d’adolescents rêveurs insouciants, qui confondent feuilles blanches et culture.
Les lignes sont pleines, les plumes sont vides d’avoir étalé tant d’idées à l’odeur d’une matière si peu grise qu’il n’y avait pas tellement de choses à dire d’un sujet aussi stérile qu’incompréhensible pour de jeunes personnes si futiles et si juvéniles.
Mais les esprits sont ailleurs maintenant. L’idée de croire qu’on est meilleur que les autres ne s’étale pas sur du papier, du moins pas pour eux, les durs, les beaux, les grands, les forts, ceux qui ne se mettrons jamais devant simplement parce que cela ne se fait pas. Ceux qui passent leurs journées au Café d’en face, qui n’ont pour seul avenir que l’argent de leurs parents. Ceux la même qui se croient si intelligents, qui ne sont pas doués et qui ne le savent même pas, ces crétins qui pensent que le bac c’est pour les autres, imaginent leur avenir tracé comme un plan mal dessiné, mais eux ne le savent pas, que moi je suis là, que je serai celui pour qui ils ne dormiront pas.
Leur petit jeu du jour est si minutieusement calculé, leur envie de faire mal pour épater je ne sais qui, leur envie de s’attaquer à un être banal, celui pourtant qu’ils ont choisi.
Dans les couloirs de ce monastère résonne une cloche ancestrale, il est 16h, le ciel est bleu azur, l’humeur générale n’inquiète personne, l’objectif de cette douce après midi de printemps est ailleurs, la raison aussi je pense mais je suis encore loin d’imaginer ce qu’il se passera là bas, en bas, dans cet endroit vide, noir et si profond que les vieilles ampoules n’ont même plus la force de lui donner un peu de lueur, un peu d’espoir, un peu de vie.
Des centaines de pieds s’affolent sur les marches de ces vieux escaliers de pierre, le dernier rang est dehors avant tout le monde, il s’excite il se presse de rejoindre le vestiaire, d’enfiler sa tenue de sport et son costume de terreur. Des jours que tout est prévu, minuté, organisé, que le cancre absolu a établi sa stratégie, juste comme ça, pour rire avait il dit aux autres, les moutons de la farce, les dindons du gag qui rigolent pour un rien tellement leur cerveau est vide de bon sens.
J’ai peur comme à chaque fois, j’ai peur encore une fois et je vais prendre sur moi. Il faudra bien affronter ces regards, ces rires, ces moqueries, mais je suis comme ça, je suis né comme ça, je ne changerai pas, je ne le peux pas mais eux ne le supportent pas.
Mon sac est lourd, mon cœur est gros, tant de fois dispensé, mais là, impossible d’y échapper, c’est la dernière, le grand final, le bal des sportifs, le carnaval des athlètes, les petits muscles dans le crâne et la cervelle dans les bras.
Ils ne savent pas, n’imaginent pas une seconde mais alors pas une seule que je suis plus fort que ça, j’ai peur mais pas pour moi, je leur ferai mal et je ne le veux pas mais ai-je le choix ? Aujourd’hui je ne l’aurai pas, aujourd’hui je serai moi, celui qu’ils ne voient pas, celui qu’ils ne connaissent pas, celui par qui tout finira une bonne fois une dernière fois.
Cette salle est sordide, cette salle est profonde, couloir interminable, en sous sol d’hôpital, sans lumière, une simple verrière, j’avance à petits pas, lentement, furtivement, je suis leur appât, ils ne savent pas encore pourquoi aujourd’hui je suis là.
Les filles rigolent, chacune d’elles préparant son costume, répétant son spectacle, expression corporelle, gymnastique artificielle, discipline dominicale.
Le dernier cours d’éducation sportive a pour tradition de partager avec les autres son activité ou sport pratiqué en extrascolaire.
Le dernier rang va encore nous faire son habituelle démonstration de foot, les deux rigolos vont une fois de plus faire leur combat de boxe et les filles seront comme des folles à l’idée de se retrouver ce soir dans les bras d’un musclor invertébré qui ne pourra même pas leur faire de mal tellement un verre de bière l’aura rendu encore plus débile que le caniche de sa tante.
Je m’assoie sur un banc, tout au fond dans l’obscurité, je me déshabille lentement sous le regard des autres, regards de haine, regards jaloux, envieux, malsain, regards de peur et de colère. Je contemple le vieux parquet usé, humide, enfile ma tenue délicatement, tout est sale et noir ici, mon ensemble blanc ne mérite pas ça, pas pour ces crétins ignorants et stupides.
Les autres sont calmes, trop calmes pour une fois, mais je suis là, j’observe les filles mais ne les voit presque pas, j’aimerais pourtant les apercevoir, deviner leurs formes, leurs ombres, sur les murs blancs de la douche. Elles sont jeunes, elles sont belles, leurs corps sont encore fermes, inexplorés, vierges en toute innocence.
Et moi je suis comme ça, malade de ne pas être comme elles, mais pourtant c’est moi que l’on regarde, que l’on observe sans savoir qui je suis, sans savoir pourquoi j’en suis timide, complexé, névrosé et pourtant si normal…
La porte s’entrebâille, la belle brune sort en sous-vêtements de collégienne, mais tout le monde sait que le sexe elle aime ça, tous les samedis soir un mec s’accroche à elle, elle boit, fume et adore ça, se trémousser pour être aimée, une fois, à chaque fois.
C’est vrai qu’elle est excitante, sa petite culotte en coton entre les fesses, la mode du string viendra plus tard, trop tard.
Elle ne me voit, ne me sent pas, je respire fort, trop fort, je transpire, j’expire mais ne me calme pas. Pourquoi avance-t-elle vers moi ?, pourquoi se dénuder devant moi ?, le désir envahi ma tête, mon corps tremble pour je ne sais qu’elle raison, pourquoi me faire ça maintenant, je n’ai rien fait, rien demandé, mais elle avance comme ça, les mains sur sa jeune poitrine, l’œil vif et déterminé, les autres ne sont pas là, que font ils, ou sont ils, je ne sais pas. Je baisse la tête, mes longs cheveux recouvrent mon corps, je feins de ne pas la voir, mes mains cachent mon désir trop voyant, ce corps qu’ils ne connaissent pas, l’étrange combinaison d’un autre et de moi, mais alors que ce passe t-il à cet instant. Réaction chimique, hormonale, naturelle je pense, mais je ne maîtrise pas, je ne connais pas, je ne comprends pas.
Je ferme les yeux, ma bouche est sèche, ma tenue blanche se confond avec la pâleur de mon visage, seul au monde, enfin dans mon coin, elle ne me verra pas, m’ignorera, passera à côté de moi comme si je n’avais jamais existé et elle me soulagera de ne pas l’avoir remarquée.
Je sens son souffle dans ma nuque, le banc craque au léger poids de ses jolies cuisses, une main effleure la mienne, je suis raide, je suis frêle, que cherche-t-elle, me faire ça à moi, alors elle ne sait pas, elle ne croit pas, ne comprends pas. Et mon envie, mon avis, on en fait quoi.
Ses mains insistent, ses doigts persistent, et m’excitent. Réflexe, soumission, je caresse son corps de déesse, je glisse dans l’humide interstice de son intimité, c’est chaud, c’est doux, contre nature mais je ne peux résister.
Le temps s’arrête sur l’horloge du désir, entre ses seins je vais m’assoupir, peur de jouir, interdit fondamental, refuser ce plaisir attendu par tant de mâles.
Je lui refuse mon sexe, me retourne avant la tempête, j’ai froid et chaud à la fois, je me ressaisie et oublie tout ça.
Instant volé, instant détesté, la lumière nous éclaire, les sauvages regardèrent comment moi, l’autre que l’on ne voit pas, j’ai pu faire ça sans volonté et sans voix
Flash après flash je contrôle ma colère, ils étaient bien là les autres qui me jetèrent par terre, comme une salope et un pariât, cliché mal cadré mon corps étalé devant eux et derrière moi, les mains liées, je vais résister, je saute en l’air et en massacre deux ou trois. Mon kimono est noir, couleur de ma ceinture, combat de terreur, je deviendrai leur futur, la personne qui les écrasa, celle qui les lamina, juste un instant pour un viol consenti parce que maintenant à mes pulsions je dirais oui !
La gonzesse c’était moi, la minette qu’ils ne supportaient pas, la petite pas comme les autres qui danse comme une chinoise, mais qui n’a pas de droit, se défendre pour comprendre, se défendre pour apprendre que les différences on ne les vole pas, on les subit ou on ne les montre pas.
C’était il y a tant d’années et je ne me souviens pas comment cela avait commencé mais plus personne ne me regarda. Instaurer le respect, non par fierté mais par devoir, instaurer une autorité à me parler et à me croire. Me battre pour exprimer mes idées et mon désespoir, battre en retraite pour éviter de me décevoir
Je voulais simplement exister maintenant il est trop tard….
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jeudi, 22 septembre 2011
Co-con
Parce que chacun de nous vie en symbiose avec un autre Moi, parce que chacun de nous ignore son hôte, parce que chacun de nous vie avec son co-con, cet Autre qui vie au fond de nous et qui, un jour peut être se réveillera…
lundi, 25 juillet 2011
DICTON DU JOUR
"L'intelligence de certains fait la perte de temps des autres..."
jeudi, 14 juillet 2011
SALOPE
Une ruelle anonyme, un trottoir trempé, une invitation coquine, une soirée ratée. Il promène ses mocassins noirs de cuir et de lassitude. Sur un air de jazz avance à petits pas au rythme d’un saxo,
il déambule dans le vague, pense à cette soirée sans bulles, ce champagne du désespoir qui coule encore dans sa tête, ce canapé sans foie gras au gout d’amertume, ce caviar du pauvre rêveur qui vient de briser sa plume, ce soir il rentre tard. Comme un funambule en apesanteur sur sa ligne de vie, observe son reflet dans les flaques de cristal qui parsèment son chemin de la honte. Au détour du hasard il crame sa dernière cigarette, dénoue sa cravate, rigole et la jette. Il est libre maintenant, seul, mais libre, justement. Cette blonde excitatrice, manipulante, provocatrice et vibrante n’a pas compris qu’elle n’avait rien à faire dans sa vie. Assise les jambes écartées, sa mini jupe légèrement relevée, laissant entrevoir son intime conviction, la coupe à la main, le sein souriant et l’œil en coin, elle n’a pas su voir à quel point ce mec est trop bien, trop malin, pas assez crétin pour manger du câlin les yeux fermés, le cœur bandé, il voulais vivre autrement. Elle ne pensait qu’à son argent la petite idiote, rouler cheveux au vent au son d’un V douze, monter sur ses talons et se rendre à de chics partouzes, mais cette soirée là il la prépara sans regret et sans joie. Sa lèvre pulpeuse n’a sucé qu’un seul doigt, celui qu’elle s’est mis dans l’œil en pensant bague et carat. Cette tentatrice des quartiers chocs, en pleine panique, casse tout et le quitte, lui balance des invectives et des offenses, elle pousse de tels cris qu’elle en oublie ses cinq sens. Sur un air de colère il la gifle et lui casse le bras, attrape sa crinière et la pousse en bas, en tenue de sorcière elle crache son rouge à lèvre de sang, il se barre par derrière, c’est fini maintenant, il est libre, justement
mardi, 12 juillet 2011
EX
Elle est frauduleuse, joueuse, imprévisible, si sensible,
Psycho-destructive, affective, jamais passive,
Chaque réflexion, déraison, dérision,
Comporte sa part de mental,
Elle vie de toi en toit, domine cette danse,
Elle glisse sur la tuile de l'imprudence,
Elle est comme ça,
La nature à l'envers l’a rendu si pervers,
Insoumise, jamais comprise, elle domine,
Ne paye pas de mine,
Insatiable, désagréable, pourtant si baisable,
Infidèle, attirante, attachante,
Si prudente, un peu pédante,
Un peu léxomil, pas docile, difficile,
Et pourtant si normale,
Elle est comme ça, rien ne la changera,
Amoureuse, jamais heureuse, parfois tricheuse,
Pourtant si sensible, inaudible dans son mutisme,
Elle est sincère et généreuse,
Une vraie mère jamais peureuse,
Elle est comme ça,
Femme fatale, elle a mal, pas banale, un peu bancale.
Unique et pathétique son visage s’endort, elle est comme ça,
Elle vie dehors ne croit en rien, son sang se glace,
À son destin, elle ne peut faire face…
jeudi, 07 juillet 2011
Amélie
Une excitante vibration comme une image floue qui mouvemente la caresse virtuelle de nos mots sur ton corps nu. Une zone érogène se déroule derrière ton miroir tactile de satin pâle, dévoile tes envies, provoque nous les mâles. Un nombril, un piercing, glissant ta main, futile câlin, lissant ta peau et tes joues, glissant sous ta couette et nous rendre fou.
On passe par là pour essayer d’entrevoir, on passe par là pour essayer d’y croire, soif de tes mots et de tes photos, laisse nous rêver d’un brin de réalité, laisse nous songer de te voir t’extasier.
Une soirée d’été dans une maison abandonnée, contre jour, face à la fenêtre, un dernier rayon de soleil dessine une lueur sur ta sexy silhouette.
Ton silence s’allonge sur ce vieux plancher, ton petit bonbon mélange les mots et les couleurs, l’homme va-t-il s’enfuir ou flancher vers ton cœur ?
Comme une cerise sur un gâteau de chair et de frisson, une friandise si fragile, si exquise, son pêché mignon. Le caresser délicatement, le prendre entre deux doigts, le titiller l’effleurer, le voir rougir, gonfler et repartir.
Doux, chaud et sucré, un léger goût acide, sa langue délectée, un désir avide. Ses lèvres glissent, sa langue tourbillonne, il salive et aspire ce sucre d’orge, ce petit bonbon.
L’exciter, le faire tressaillir, te sentir mouiller, te voir jouir. Promener ses mains, lécher cette saveur, le faire fondre sous la chaleur, savourer ce délice.
Dessiner sur ton corps mille sucreries, gâteries, douceurs, confiseries et gourmandises simplement si adorables, agréables, bonnes, délectables, délicates, divines, excellentes, exquises, fameuses, jolies, ravissantes, savoureuses, suaves et succulentes.
S’enivrer de ce nectar qui coule entre tes cuisses, dévorer tes seins tes tétons et ce clitoris.
Te sentir partir, t’évanouir, te mordre les lèvres, fermer les yeux.
Se sentir se réjouir de tellement l’aimer, de le câliner de l’adorer, le désirer et te faire sourire.
Comme un diamant de sucre, aux éclats de plaisir, comme une pierre précieuse aux éclats de désir, ta main l’attire en toi, au plus profond de toi, ses va et viens si rapide pour jouir avec toi, il se glisse contre lui, se caresse à lui pour finir dans un cri sur une crème de bonheur qui dégouline sur toi.
Ce réveille le matin, la main entre tes cuisses, te caresse comme un malin qui, entre tes lèvres, se glisse. I lèche ta peau, salée, pleine de délice, il lèche ta peau sucré, pleine de malice. Ses doigts s’enfouissent dans l’humide moiteur de ton intimité, ses doigts persistent dans cette chaleur torride, il va et il vient, avec une main puis avec l’autre, lèche ses doigts et l’excitation monte, ton odeur si légère soulève son érection, il te cambre de bonheur et te lèche avec déraison. Ses joues s’enfouissent au creux de tes fesses, ses mains s’agrippent à tes seins et à ton cul, ta bouche salive et ta langue tourbillonne, il saisie sa queue et t’offre ses sensations. Ton regard est vicieux, c’est tellement bon, te prendre par derrière, par devant et de n’importe quelle façon. Ton clitoris explose à la moindre sollicitation, il est rouge comme son gland qui ne résiste à la tentation, de te pénétrer violemment, de disparaître au plus profond. Dans une danse de vos hanches vos corps ne font qu’un, il dévore ta bouche tes seins et tous ces petits endroits ou ses mains effleurent tes sens, ou vos yeux se racontent une histoire, ou vos sexes déclenchent une avalanche, ou il va jouir au creux de tes hanches, il ne bouge plus et te regarde jouir, il prend son plaisir entre ses mains, éjacule dans un jet qui n’est que pour toi, tu caresses tes seins de ce liquide de plaisir, il boit la liqueur de tes cuisses et rebande de plaisir, te pénétrer une deuxième fois, faire l’amour, encore une fois, plus longtemps, lentement, sûrement, rejouir plus fort, s’écrouler par terre, te prendre par devant et par derrière, saisir tes mains , bloquer ton soupir, des va et vient plus rapides et sadiques, entrer et sortir, plonger dans ce délire, résister à ce plaisir pour jouir à n’en plus finir.
En sueur, aux mille odeurs vos sens n’ont plus peur, cris et hurlements, noyés dans ce bonheur, une étreinte à n’en plus finir, un dernier petit rire, vos bouches sont ouvertes, vos langues se caressent, vos têtes chavirent, un petit rire avant de sortir, vos corps en osmose vous allez vous s’évanouir…
http://entramelie.hautetfort.com/

samedi, 02 juillet 2011
Le voisin d'en face
Le sèche linge tourne, une chaleur étouffante, et moi je bouge, je bouille d’adrénaline,
Ma peau se colle, l’t-shirt rose dégouline, et moi je miaule, j’étouffe comme une féline,
Je lèche le sol, serpillère de dentelle, mes seins la frôle, cette poussière de femelle,
Mon string s’épingle aux courbures de mes hanches, et l’autre en face me matte et se balance,
La sueur coule et je m’agite enfin, secoue mes boucles, caresse à la main, coca qui bulle et lèvres qui s’affolent, maison qui brille, j’ne me rends compte de rien.
Obsédée j’ai plus le temps d’y croire, que je plairais en déguisement du soir, une femme pressée qui récure et dégraisse, une femme coincée, qui a d’si jolie fesses.
Au fond d’un tiroir, il est là et se dresse, au détour d’un miroir, je comprends qu’il se blesse, il croit m’avoir, du coin de l’œil malin,
Ménage fini, je souffle sur mes seins, m’étale en boule sur le divan câlin, le prend contre moi comme si c’était le mien, ce jouet banal qui crie comme un pantin,
Je suis toute seule et sa vaut le détour, de faire la gueule de celle qui va jouir.
Objet d’insouciance, plaisir en absence, elle est là près d’moi, j’la rgarde avec insistance, essaye là, juste pour une première fois,
« Une œuvre dard, une pure imitation, piques toi au jeu en douce pénétration. »
Plaisir solitaire, elle vibre, elle en à l’air, comme si on était deux, jme fais l’amour à l’envers. Compensatoire et illusoire, elle sait rester fidèle, pas autant qu’toi, si belle mais irréelle, elle te ressemble mais n’existe pas, et l’autre en face n’en revient toujours pas.
Imagine mes cuisses, sous ma jupe relevée, mes bas font signe de me laisser baiser, ma peau se plisse en rose juteux doré, en un silence mes yeux, déjà, se ferment , je cambre les hanches, et lentement me caresse, mes mains s’immiscent entre mes jambes croisées, j’effleure mes lèvres d'un geste timide, téléphone sonne comme un dernier supplice.
Epuisée, j’en ai marre de faire ça, de sales journées comme si c’était chez moi, la patronne est une sacrée coquine, planquée d’objets à la saveur cyprine.
Comme une novice, j’écarte un peu les cuisses, y glisse un stick, ce p’tit sexe en plastic, mes doigts s’accrochent à mon clito factice, plaisir solo et pourtant partagé, l’autre mec d’en haut s’en est presque étouffé, admirer l’autre se donner autant de plaisir, se laisser désirer, avoir peur de rougir, par l’autre impressionnée, ce geste n’est qu’un soupir.
J’entends la clef qui tourne dans la serrure, une heure qu’j’ai terminée et j’viens de tout resalir, canapé blanc nacré, auréole du désir, pas de clim en été, canicule du plaisir, je vais vite rentrer pour demain revenir.


